Jazz à Moers 98

Arrivé à Dusseldorf en septembre 1997 je me pressais de découvrir la scène Jazz locale. Elle me déçut grandement. Si la présence des troupes américaines après-guerre avait favorisé le jazz, il s’agissait là le plus souvent du "dixie". Des clubs de la vieille ville en donnaient à entendre toutes les semaines.
Mais de la création fort peu en dehors de concerts donnés à la Alte Schmiede et dans un centre culturel de banlieue (Benrath).
Seules occasions d’entendre des groupes contemporains les festivals à proximité celui de D’df et surtout celui de Moers dont on m’avait beaucoup parlé. Sinon il fallait aller au « North Sea Festival » à La Haye. Il y avait un fossé incroyable entre la scène visible de manière régulière, très plan-plan, et la programmation des festivals comme ce qui était valorisé dans la presse, avant-garde et improvisation. Voir La promotion des jazzmen français en Rhénanie du Nord-Westphalie

Je me précipitais donc dans la campagne, à Moers, où le créateur et programmateur du festival réussissait à faire venir les groupes de son choix, c’est-à-dire les plus novateurs et festifs du moment. Un chapiteau de cirque dans les champs et des actions dans l’école ou dans les salles de la mairie. Créé en 1972, il avait un je-ne-sais-quoi de gersois !

Et le 1er juin 1998, au « Freizeitpark – Zirkuszelt » je fus vraiment servi. On pouvait aller et venir entre la scène et la prairie. Le public très baba cool mangeait, buvait et fumait en famille dans le foin autour du chapiteau.

AP en coulisse

Se succédèrent

1. Bik Bent Braam (NL). Pas de souvenir.

2. Fanfare Ciocarlia (ROM) qui déchaîna l’enthousiasme en quittant la scène pour déambuler hors du chapiteau.

La Fanfare Ciocarlia

3. Nguyên Lê & Maghreb Friends (FRA/DZ/AUT)

Nguyên Lê (g), Michel Alibo (voc, e-b), Mohamed Menni (voc, perc), Aziz Sahmaoui (voc, gumbri, perc), Karim Ziad (voc, perc, dr), Bojan Z (keyb, p), Wolfgang Puschnig (reeds)

Là on se reconcentra avec cette guitare si virtuose et rock de Nguyên Lê avec les accents du Maghreb. Je rencontrais pour la première fois Bojan Z. C’était très dansant encore.

4. Otto Lechner & Max Nagl Duo (AUT)

Otto Lechner (acc), Max Nagl (reeds). Pas de souvenir.

5. Sclavis – Frith - Drouet (FRA)

Louis Sclavis (cl, bcl), Fred Frith (g), Jean-Pierre Drouet (perc)

Fred Frith, sa guitare à plat sur les genoux, était très inspiré, méditatif et Louis Sclavis se situait sur un même terrain de l’improvisation lyrique. Ce fut une pause assez conceptuelle après les débordements tziganes et berbères.
Je les retrouvais dans les coulisses d’un village de toiles à deux pas du chapiteau. Sclavis, Bojan exprimaient leur joie d’être là.

6. David Murray Bigband (USA)

Le chapiteau de Moers