L’arrivée à Athènes - 2001

- Les faubourgs d’Athènes aux pieds de l’Hymette

- Agia Paraskevi au Nord-Est d’Athènes
L’arrivée à Athènes, septembre 2001
En avril 2001, les services du Quai d’Orsay me proposèrent, c’était naturel, des postes auxquels je n’avais pas postulés. Après Dusseldorf, je serais bien parti en Syrie comme attaché de coopération universitaire. Damas, une vraie démocratie me disais-je, me permettrait de découvrir les charmes de l’Orient : ah un jardin sur l’Oronte ! Obstacle rédhibitoire, je n’étais pas arabophone. On me proposa Munich puis La Nouvelle-Orléans comme attaché culturel et finalement je me saisis d’un poste moins prestigieux mais à Athènes. On ne doit pas oublier que si j’avais d’abord souhaité partir à l’étranger ce n’était pas pour faire carrière au Quai mais pour aller en Grèce. J’avais été attrapé par le tropisme allemand, j’en appréciais l’intérêt mais je ne voulais pas y rester assujetti. S’installer à Athènes était un aboutissement en soi.
Le tournant imposé dans les relations internationales par les attentats du 11 septembre 2001 modifia alors nos perceptions et activités.
J’étais dans mon bureau quand le bruit circula qu’un événement incroyable frappait New-York. Nous étions accrochés à nos écrans, stupéfaits. L’antiaméricanisme grec ne favorisa pas immédiatement la compassion. Quand je rejoignis le métro à Panepistemiou à 18 heures, la place était presque vide : deux policiers en faction et un Irakien en train de distribuer des tracts !
Nous nous installâmes avec nos deux filles près du lycée français, à Aghia Paraskevi, au troisième étage d’un bâtiment qui dominait la plaine, tournant le dos à l’Hymette. Les travaux du métro n’étaient pas finis et rejoindre l’IFA au centre-ville était une expédition. J’achetai une moto en février 2002 et la liberté fut retrouvée.
Après avoir été directeur adjoint à Dusseldorf d’une structure dotée de l’autonomie financière, d’abord proche de l’ambassade à Bonn puis à bonne distance quand celle-ci rejoignit Berin, j’intégrai un service d’ambassade avec de nombreux expatriés ce qui entraînait une réelle division du travail et même une dilution des tâches : le COCAC, un attaché culturel, un attaché de coopération universitaire et scientifique, un attaché de coopération éducative, trois attachés de coopération pour le français, un responsable des cours, un responsable des examens, un bibliothécaire et à leurs côtés des équipes compétentes.
Les services culturels étaient déjà entrés dans cette longue période, dont nous ne sommes pas sortis, de diminution des effectifs et des ressources. Les annexes de l’IFA en province et autour d’Athènes furent fermées alors.
Aussitôt après mon arrivée le conseiller culturel Daniel Haize et surtout l’ambassadeur Jean-Maurice Ripert redéfinirent ma fiche de poste au sein de l’Institut français d’Athènes (IFA). Ces fonctions furent confirmées et même élargies quand en 2002 je récupérai la mission de l’attaché olympique. L’ambassadeur Bruno Delaye, à partir de 2003, ainsi que les COCAC, Arnaud Littardi puis Alain Fohr, me firent sortir de la seule coopération pour le français pour rejoindre des missions transversales.
Nous avions eu un Bureau du livre tenu de main de maître(-esse) par Catherine Velissaris on décida de ne pas renouveler son contrat. On me proposa donc, en plus des tâches prévues, d’assurer la fonction d’attaché pour le livre. Et comme les Jeux Olympiques approchaient l’ambassadeur souhaitait qu’on lui proposât des actions qui pourrait faire valoir en 2004 la permanence et la force des relations franco-helléniques. Telle fut ma feuille de route. Et de facto, alors que je relevais de l’excellent attaché de coopération éducative Jacques Fröchen, je fus de plus en plus autonome dans une action combinant le français dans le supérieur, le livre et les jeux Olympiques. Je pus réécrire ma fiche de poste. La note qui suit fut donc vite dépassée.


- La façade de l’IFA sur la rue Sina
AMBASSADE DE FRANCE EN GRECE
Service de Coopération éducative
RAPPORT DE PRISE DE FONCTIONS : ALEXANDRE PAJON
ATTACHE DE COOPERATION POUR LE FRANCAIS - SEPTEMBRE 2001
Le Service de coopération éducative au sein de l’Institut français d’Athènes compte trois attachés de coopération pour le français dont l’action est coordonnée par un attaché de coopération éducative.
La répartition des tâches entre les attachés est le fruit d’un héritage, de compétences et peut varier selon les impératifs du service ou les pôles d’intérêt de chacun. Elle fait l’objet d’une concertation au sein du service. Le cahier des charges qui a été fixé pour moi tient à la tradition qui conduisait un Attaché de coopération pour le français à intervenir dans le Supérieur, même pour des questions qui relèveraient normalement d’un Attaché de coopération universitaire (la gestion de bourses d’études non-linguistiques par exemple). Cette dernière tâche a été maintenant abandonnée mais une action pour le français dans le Supérieur reste d’actualité qui se décline entre la veille, l’accompagnement des projets de coopération et la promotion du français.
I. Les champs d’actions
I.1. L’enseignement supérieur
Il s’agit de suivre
a- l’évolution et les conséquences des réformes universitaires engagées depuis 1998 sur la place du français dans l’Enseignement supérieur grec,
b- l’action des départements de français de Athènes et Thessalonique (appui aux congrès, aux projets de coopération avec la France),
c- l’enseignement du français de spécialité en liaison avec la formation professionnelle (traduction, interprétariat, formes locales de BTS ou DUT tertiaires ou non (de l’hôtellerie à la mécanique),
d- le développement de l’enseignement du français dans les départements non-linguistiques (sciences de l’éducation, sciences humaines, agronomie)
e- la formation initiale des enseignants de français.
Mme Bourdeau qui a occupé ce poste de 1997 à 2001 a dressé des inventaires de l’offre de français à l’Université, de l’usage des programmes européens de mobilité ; elle a soutenu des rencontres scientifiques de traductologie, de linguistique, sur le rôle des TIC dans l’enseignement du FLE. Ces rencontres ont appuyé les projets de partenariats inter-universitaires en français (Thessalonique/Paris IV par exemple).
Nous nous emploierons à poursuivre cette action.
I.2. La préparation des Jeux Olympiques 2004
Le dossier de la présence et de la promotion du français dans le cadre des Jeux Olympiques d’Athènes en 2004 sera un fil conducteur de notre action.
Les partenaires du Comité olympique athénien doivent être accompagnés et conseillés dans la préparation de cette importante manifestation. Un programme de formation en français spécifique doit être proposé par la partie française.
I.3. L’exploration des possibilités de filières bilingues
L’enseignement des langues autres que l’anglais dans l’enseignement secondaire grec est assez peu approfondi. Des sections bilingues auraient notamment le mérite de développer des viviers de compétences pour les filières universitaires bi-nationales appelées à se développer.
II. Les objectifs
Les objectifs de notre action relèvent de ceux de la coopération pour le français en général, avec un accent particulier mis sur le rôle du français langue offrant des débouchés professionnels (« Clé pour l’emploi »).
Nous essaierons aussi particulièrement de promouvoir les certifications de français dans le Supérieur qui accompagneraient les partenariats inter-universitaires et les programmes de mobilité.
III. Le programme d’action
a. prendre contact avec les responsables des départements et administrations concernés avant la fin 2001 (rendez-vous à Athènes, missions à Thessalonique -6.11.01-, Corfou, Patras, Ioannina) ;
b. suivi des colloques déjà programmés (Terminologie, 2 et 3 .11.01 ; Conférence J.Chevrier à Thessalonique, le 6.11.01 ; Université ouverte, 24.11 ; rencontre avec le Professeur Vivier à Corfou en décembre ?) et perspectives pour 2002 ;
c. organisation d’une session de formation pour les stagiaires de l’Académie diplomatique grecque à l’IFA sur fonds FIP et perspectives pour 2002 ;
d. mise en place du séjour des représentants du Ministère grec au Salon de l’Education ;
e. organisation du séjour des représentants du Ministère grec et d’enseignants/formateurs dans des établissements d’enseignement professionnel de l’Académie de Créteil (automne 2001) ;
f. préparation d’une semaine au printemps 2002 consacrée à l’information/formation des universitaires grecs sur les nouveaux outils existant pour l’enseignement du français (cours en ligne, CD-roms) à l’EMI de l’IFA et en province ;
g. favoriser une réflexion sur les certifications au service des filières non-linguistiques des universités grecques (DALF) ;
h. faire un inventaire des niches du marché du travail où le français offre un avantage comparatif ;
i. entamer des rencontres avec des responsables des questions scolaires et universitaires dans les différents partis politiques, dans la presse pour diffuser ces informations ;
j. concertation avec les membres du comité ATHOC en vue de la mise en place d’une convention de coopération visant à garantir la place et la visibilité du français aux JO 2004 ;
k. suivre le projet de création d’une section franco-hellénique dans un lycée français pour mieux favoriser le développement d’une section homologue dans un lycée grec ;
l. développement de l’opération « Lieux de mémoire franco-helléniques » 2001-2004 ;
m. préparation de la manifestation consacrée à la mise en valeur des fonds « Revues » de l’IFA ;

- Accueil à l’Académie d’Athènes, novembre 2001

- Discours, Académie d’Athènes

- Olivier Jeandelle et invités, "chez Diogène", odos Tripodon
