Le Lycée franco-allemand 1988-1997

Le Reichstag de Christo en 1995

La belle aventure du LFA à Buc

Après avoir connu, comme titulaire-remplaçant, tous les types d’établissements entre Poissy et Saint-Germain-en-Laye, les classes normales aux CPPN en collège, à Achères ou aux Mureaux, les sections technologiques, internationales et classiques en lycée, à Poissy et à Saint-Germain-Laye, je repérais à la rentrée 1988 une vacance de poste sur les annonces Minitel du rectorat de Versailles. Je postulais donc au Lycée franco-allemand et, fort de ma connaissance supposée de l’allemand, j’eus le poste. Par dérogation rectorale j’y restais deux ans avant d’être titularisé.
Ce fut la chance de ma carrière.

A.P. Berlin, Musée du Bauhaus, 1991

D’une part je pouvais enfin enseigner dans les meilleures conditions devant des élèves curieux et studieux mais je pouvais d’autre part gagner une expérience de coopération pédagogique au quotidien.

Exposition sur l’Europe, 1995
Berlin, AP et Quatreville, 1993
Berlin, Marzahn,Marteau,Vonau, Le Bihan, Quatreville, Laurent Petit, A. Pajon - 1993
Check Point Charlie, Tobias Daroczy, Romain Hornung et A.P - 1992

Les élèves d’abord : recrutés en fonction de leurs compétences et répartis en sections allemande et française depuis le primaire, ils apportaient à leurs enseignants des deux nationalités tout ce que l’on peut rêver quand on désire être professeur. Ma vocation rencontrait les conditions de son exercice après beaucoup d’expériences malheureuses. De plus je pouvais avoir des sixièmes et des classes terminales et, au fil des jours, alterner l’émerveillement des « petits » face aux récits de la préhistoire et les discussions des grands sur la géopolitique. Nous vécûmes ensemble la Chute du Mur.

Le cadre ensuite : un lycée binational fonctionnel, dans un parc aux portes de Versailles. Il offre un terrain d’expérimentation et d’observation interculturel parfait. Je me remis à l’allemand et me fis des amis. Le caractère sélectif de l’établissement jouait aussi pour le recrutement de mes collègues : Albrecht Schultz, alpiniste et astronome ; Jean-Marc Wolff, historien ; Laurent Petit, géographe ; Anne Kremp, philosophe ; Eva Werner et Cordula Pialoux, germanistes. Le proviseur Jean-Pierre Piton, ancien de l’AEFE, m’expliqua les arcanes pour obtenir un poste à l’étranger. Et c’est ainsi qu’en 1997, j’eus le choix entre aller enseigner à l’école européenne de Bruxelles ou de partir à Dusseldorf.

Je construisais de nouvelles compétences.
Il me fallait travailler l’histoire de l’Allemagne et de l’Europe davantage et préparer les élèves aux Prépas ou à Sciences Po. Je faisais passer des colles aux élèves en CPGE « Écoles de commerce » aux lycées Hoche et Sainte-Geneviève et même Carnot. Dans le même temps je travaillais pour la Commission franco-allemande des manuels scolaires.
Je voyageais en Allemagne et organisais le voyage des Premières à Berlin de 1990 à 1997, donc je découvrais mieux le pays.

La parade des adieux des troupes alliées - juin 1994

Il me fallait contribuer à notre baccalauréat franco-allemand et suivre la mise en place de l’Abibac et j’étais impliqué dans des actions avec l’inspection pédagogique.
Enfin entre le Club Europe et l’organisation de visites ou de conférences j’apprenais les bases du métier que je ferais ensuite pendant plus de vingt ans.
L’invitation de Pierre Uri n’a pas laissé de trace en 1990, mais celles d’Alfred Grosser ou les Trente ans du Traité de l’Elysée en 1993 créèrent du mouvement. Pour cette réunion le recteur Armand Frémont se déplaça, comme l’ambassadeur d’Allemagne Jürgen Sudhoff et l’historien Henri Ménudier ainsi qu’un important public. Les élèves y contribuèrent aussi.

H. Ménudier, A. Pajon, A. Frémont, J. Südhoff
Le recteur et l’ambassadeur
L’ambassadeur Südhoff et A. Pajon - 1993
Alfred Grosser - 1993
Olivier Catusse et Maïté Cantzler, élèves de Terminale
AP, professeur à Buc - 1992

Les élèves de ce vivier de compétences au service des échanges franco-allemands en Europe ont créé une association des anciens dont je suis membre. J’ai connu en neuf ans environ neuf cents élèves. Parmi il y en eut d’exceptionnels.
Je pense d’abord à Patrice Arnaud, il fut dans ma première promotion de bac en 1990. Brillantissime il choisit l’histoire contre une tradition familiale des grandes écoles d’ingénieurs. Agrégé, il fit sa thèse en Allemagne et je l’accueillis à Dusseldorf pour ses recherches en 1998. Il fut un formidable enseignant du secondaire et militant de l’APHG jusqu’à sa mort prématurée en 2017.

Mais combien d’autres m’ont marqué qui sont maintenant, à des degrés divers, des amis ?